Comment développer ta VO₂max en endurance sans gros cardio (et pourquoi ce n’est pas une excuse)
La VO₂max est souvent présentée comme un chiffre décisif, presque une sentence. Un nombre qui dirait, une fois pour toutes, jusqu’où un athlète peut aller. Beaucoup abandonnent avant même d’avoir réellement construit leur potentiel, convaincus que sans un “gros cardio”, la performance restera hors de portée.
Pourtant, l’expérience du terrain montre une réalité bien différente : la VO₂max n’est ni un plafond, ni une excuse valable. Elle est un élément parmi d’autres dans un système beaucoup plus large, où le mental, la discipline et l’intelligence d’entraînement jouent un rôle déterminant.
L’exemple de Julien Michelon, athlète que j'accompagne, illustre parfaitement cette approche : performer durablement sans se reposer sur un potentiel physiologique hors norme.
VO₂max : pourquoi elle n’est pas figée et comment l’améliorer en endurance
VO₂max : pourquoi elle est mal interprétée chez les sportifs d’endurance
La VO₂max mesure la quantité maximale d’oxygène que le corps est capable de capter, transporter et utiliser lors d’un effort intense. Elle est souvent présentée comme l’indicateur ultime du potentiel d’un athlète en sport d’endurance, car elle reflète la capacité du système cardio-respiratoire à soutenir une forte demande énergétique.
Il est vrai que la génétique influence ce paramètre : certaines personnes naissent avec un système cardiovasculaire plus favorable que d’autres. Mais cette réalité est souvent surinterprétée. La VO₂max n’est pas une donnée figée, ni un plafond définitif qui déterminerait, à elle seule, le niveau de performance atteignable.
Le véritable problème vient surtout de l’interprétation que les athlètes font de ce chiffre. Beaucoup confondent encore le potentiel théorique mesuré lors d’un test et la capacité réelle à performer en situation d’entraînement ou de compétition. Or, entre ce que le corps peut produire ponctuellement et ce qu’un athlète est capable d’exploiter durablement, l’écart peut être considérable.
Deux athlètes affichant une VO₂max identique peuvent ainsi produire des performances radicalement différentes sur le terrain. Cette différence s’explique par des facteurs clés que la VO₂max ne mesure pas directement, comme :
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l’économie de mouvement, c’est-à-dire la capacité à produire une vitesse ou une puissance donnée avec un coût énergétique minimal ;
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la capacité à soutenir une intensité élevée sur la durée, sans dérive excessive ni effondrement physiologique ;
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la gestion mentale de l’effort, notamment la tolérance à l’inconfort, la lucidité sous fatigue et la capacité à rester engagé quand les sensations se dégradent.
En endurance, la performance ne dépend donc pas uniquement du “plafond” physiologique, mais surtout de la manière dont ce plafond est utilisé. Un athlète avec une VO₂max moyenne, mais une excellente économie, une grande régularité d’entraînement et une forte stabilité mentale, peut largement surpasser un athlète au potentiel physiologique supérieur mais mal exploité.
Autrement dit, la VO₂max brute ne gagne jamais une course à elle seule. Ce sont l’entraînement, la discipline, la récupération et le mental qui transforment un potentiel théorique en performance réelle.
Améliorer sa VO₂max en endurance : développer un cardio réellement exploitable
Quand on n’a pas un gros cardio de base, l’enjeu n’est pas d’augmenter obsessionnellement un chiffre, mais de développer un cardio fonctionnel, réellement exploitable en compétition.
Cela passe par plusieurs leviers essentiels :
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L’économie de course : dépenser moins d’énergie à intensité égale
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La tolérance à l’intensité : accepter et maintenir l’inconfort sans se désorganiser
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La régularité de l’effort : être capable d’enchaîner les séances sans rupture
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La récupération : permettre à l’organisme d’assimiler la charge
C’est souvent sur ces aspects que les athlètes dits “moins doués” physiologiquement comblent l’écart et parfois dépassent, ceux qui misent uniquement sur leur potentiel naturel.
Améliorer sa VO₂max en endurance : le rôle clé du mental et de la discipline
Julien Michelon : performance en endurance et VO₂max, l’importance d’un système global
Julien Michelon n’a jamais revendiqué une VO₂max exceptionnelle. Son profil n’est pas celui qui impressionne sur le papier, ni celui que l’on mettrait spontanément en avant à la lecture de tests physiologiques ou de données chiffrées. Il ne s’est jamais défini par un potentiel hors norme, ni appuyé sur des valeurs de laboratoire pour expliquer ses performances en endurance.
Et pourtant, au fil des années, Julien Michelon a construit une capacité à performer durablement au plus haut niveau. Non pas en cherchant à compenser un “manque” de cardio, mais en faisant un choix fondamental : s’inscrire dans un système d’exigence globale, structuré et cohérent.
C’est dans ce cadre que j’interviens à ses côtés en tant que coach mental. Mon rôle n’est pas de transformer un chiffre physiologique, mais d’aider Julien Michelon à exploiter pleinement ce qu’il a construit à l’entraînement, à rester aligné avec sa stratégie de course et à maintenir un haut niveau d’exigence dans la durée.
Aux côtés de Ludovic Pommeret et de Matteo Eydallin, Julien Michelon a appris que la performance ne repose jamais sur un indicateur isolé, aussi séduisant soit-il. La VO₂max n’est qu’un élément du système, et elle n’a de valeur que lorsqu’elle s’intègre dans une organisation globale de l’entraînement, de la récupération et de la préparation mentale.
Ce système repose sur des principes simples, mais exigeants :
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la rigueur quotidienne, dans l’exécution des séances comme dans les choix hors entraînement ;
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la patience dans la progression, en acceptant que les adaptations physiologiques prennent du temps ;
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l’intelligence de course, indispensable pour gérer l’effort, surtout lorsque la fatigue s’installe ;
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la répétition des fondamentaux, sans chercher de raccourci ni de solution miracle.
Ce sont précisément ces choix, souvent invisibles de l’extérieur, qui permettent à un athlète sans “gros cardio” apparent de construire une performance solide et durable en sport d’endurance. Là où certains misent tout sur leur potentiel physiologique, Julien a choisi la cohérence, la constance et l’exigence mentale.
À long terme, cette approche transforme une VO₂max théorique en une capacité réellement exploitable en compétition. Elle permet de mieux tolérer l’intensité, de rester engagé lorsque les sensations sont moyennes et de performer saison après saison. C’est cette construction patiente, bien plus qu’un chiffre impressionnant, qui explique pourquoi des athlètes comme Julien Michelon s’installent durablement au plus haut niveau.
VO₂max et endurance : comment le mental améliore la performance à l’entraînement
C’est précisément là que mon travail, en tant que préparateur mental de Julien Michelon, devient déterminant. Quand le potentiel physiologique ne suffit pas à rassurer ou à garantir la performance, le mental devient le véritable multiplicateur. C’est lui qui transforme un potentiel moyen en performances concrètes sur le terrain.
Mon rôle consiste à aider Julien Michelon à développer sa résilience, sa concentration et sa constance, jour après jour, séance après séance. Le travail mental permet notamment de :
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Tolérer l’inconfort sans le subir, apprendre à rester efficace malgré les sensations difficiles ;
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Rester engagé même lorsque les sensations sont moyennes ou que la fatigue commence à se faire sentir ;
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Ne pas confondre fatigue et danger, surtout dans les phases d’intensité, afin de préserver sécurité et performance ;
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Accepter une progression lente, mais solide et durable, en comprenant que la constance bat toujours le coup d’éclat ponctuel.
Le mental ne sert pas simplement à “se motiver”, mais à tenir une ligne de conduite lorsque l’ego, la comparaison ou l’impatience veulent prendre le dessus. Il s’agit de créer un cadre intérieur qui permet à chaque séance de produire un effet réel sur le long terme.
C’est cette stabilité mentale, que j’accompagne et renforce chaque jour avec Julien Michelon, qui permet à sa VO₂max, quelle que soit sa valeur initiale, d’être pleinement exploitée. Grâce à cette approche, un potentiel moyen peut se transformer en performances solides et durables, saison après saison, en endurance comme en compétition.
La VO₂max n’est pas un verdict. Elle ne définit ni ton plafond, ni tes limites. Les athlètes qui progressent durablement sont ceux qui construisent un système cohérent : entraînement intelligent, récupération, discipline et préparation mentale.
L’exemple de Julien Michelon le montre clairement : la performance ne dépend jamais d’un chiffre isolé, mais de l’alignement entre corps, esprit et méthode.