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Zone de confort : pourquoi j'en sors et pour quels bénéfices ?

Quand t’écoutes Mike Horn qui t’invite à sortir de cette zone de confort pour vivre un voyage à l'intérieur et pour aller apprendre, on peut lui faire confiance : « si on fait tous les jours la même chose, on ne s'enrichit pas ».

 

Quand t’es sportif de l’extrême, c’est une évidence qu’il faut sortir de ta zone de confort.
Et quand tu échanges avec Taïg Khris, le sportif le plus titré en sports extrêmes, tu ne peux qu’être admiratif de ses prises de risque, notamment la dernière en créant son entreprise OnOff* : « j’avais envie de sortir, aux yeux des gens, de ma zone de confort. Et de pouvoir être respecté d’une manière différente, même si c’est génial d’être le mec qui a sauté de la Tour Eiffel ».

C’est juste une évidence… mais tout le monde n’est pas né avec cette envie d’aventure et tout le monde n’a pas ce besoin permanent de changer ses habitudes. Et heureusement d’ailleurs, car les habitudes nous apportent du réconfort, de l’assurance et nous font du bien tout simplement.

Taig kris

Alors comment se convaincre de cette mode d’aller vers l’inconnu et surtout comment faire ?
Comment affronter ses peurs et les dépasser ?

Et bien je vais vous raconter deux histoires : pas les miennes car tout le monde me répond…
« oui mais toi tu as un mental hors norme » ou bien
« oui mais toi tu t’entraines et tu es un dur au mal » ou encore
« oui mais à ton age, tu as acquis une expérience que je n’ai pas encore »…
Le fameux « oui mais » … au quel on répond
« arrête de te trouver des excuses » et qui vous retranche direct dans votre zone de confort.
Non ! Je vais vous parler de ma femme Laurence.

Première histoire.
Nous étions au mois de juin 2008 et elle allait passer un oral devant un jury pour valider son diplôme de manager chez Truffaut, l’entreprise dans laquelle nous travaillions ensemble. J’étais son patron et je la préparais à réussir cette intervention. Elle avait 31 ans et elle était prête : elle avait buché son mémoire, elle avait fait toutes les preuves de ses compétences sur le terrain et il ne lui restait plus qu’à parler devant la direction générale et pas moins de cinquante personnes sur un thème qu’elle maitrisait de fond en comble. Nous voilà arrivés la veille de la soutenance et je lui demande de faire sa présentation à moi et l’un de ses collègues en mode cool et sans pression. Tout allait bien sauf que la pression était montée intérieurement à son comble : « je n’ai jamais fait cet exercice, je n’aime pas parler en public, je suis trop timide et je n’y arriverai jamais ». Laurence se retrouve confrontée au précipice qui la jette hors de sa zone de confort. Ses émotions sont trop fortes et son corps est pétrifié de peur : pulsations au maximum, sueurs, tremblements, respiration coupée… Bref je traduis : « j’ai peur, je vais me planter, au secours ». Réaction primaire : la fuite.

Deuxième histoire.
Nous sommes le 18 novembre 2018, c’est donc très récent, nous sommes en randonnée en plaine forêt dans le massif du Bugey. Après deux heures de marche dans une forêt dense et sous le brouillard, la luminosité commence à baisser. Laurence est très habituée à ces randonnées et n’a aucune difficulté à marcher pendant de nombreuses heures… détail qui a son importance étant donné la suite, car à 16H30 elle commence à s’inquiéter de notre heure d’arrivée. Elle redoute la pénombre et n’a jamais voulu marcher de nuit de peur des animaux, des bruits et je vous passe les horreurs qu’elle imagine dans cette atmosphère qui lui est hostile. Un peu plus tôt nous avions croisé des chasseurs et leur sanglier abattu, ce qui ajoute un peu de piquant à l’aventure qui devient pour elle de plus en plus désagréable. L’angoisse monte au fil des minutes qui passent et à 17H cela devient insoutenable pour elle. Son rythme de marche s’accélère au fur et à mesure que son cœur s’emballe et que sa température corporelle monte. Le stress est tel qu’elle commence qu’il lui faut un bouc émissaire. Elle ne peut pas affronter ces angoisses et elle n’a qu’une obsession : retrouver la paix intérieure et fuir.

Voilà les deux récits que je voulais partager avec vous !
Mais comment ça finit ? Elle a paniqué et elle a fui ? Fin de l’histoire ?
Est-on condamné à fuir ou à subir quand on n’a pas le choix ?
Bien sûr que non car elle a son coach personnel ;-)

Lolo

Dans le premier cas, je n’ai rien fait mais j’ai observé. Laurence n’a pas réalisé sa soutenance devant moi la veille. Je ne l’ai pas forcé à le faire, mais je l’ai juste invité à réfléchir à ce qu’elle voulait vraiment. La pression est redescendue, elle a dormi et elle a réalisé sa soutenance le lendemain devant tout le comité de direction de l’entreprise et de nombreux cadres. Ce fut une intervention admirable et qui a fait l’unanimité. Incroyable ! Elle n’en est pas revenue elle-même. Qu’est ce qui s’est passé entre la première tentative et la deuxième ?

- Ce premier test lui a permis d’affronter ses émotions et de les accepter.
Enseignement N°1 : toujours se mettre en mode test avant de plonger dans le grand bain pour mieux appréhender son comportement.

- Une nuit est passée entre temps et elle a pu se reposer.
Enseignement N°2 : savoir se reposer avant de sortir de sa zone de confort avoir l’énergie suffisante pour affronter ses démons (plus simplement ses voix intérieures : « j’y arriverai pas » « je suis nul » …)

- Elle a su dépasser ses limites grâce à sa volonté de devenir manager.
Enseignement N°3 : savoir se recentrer sur son désir le plus profond et placer ses volontés au-dessus des obstacles. Cela permet d’ailleurs de relativiser des appréhensions, souvent infondées, lorsqu’on sort de sa zone de confort. Il suffit parfois juste d’en sortir pour se rendre compte que ses peurs n’étaient pas justifiées.

C’est finalement très simple de sortir de sa zone de confort si on considère que, preuves scientifiques à l’appui, 95% de nos inquiétudes sont soit sans fondement ou qu’elles concernent des événements passés ou anodins.

Un fois qu’on sait ça, c’est bien beau mais on ne contrôle pas toujours nos émotions, ni notre corps.
Et c’est là que je vous raconte la fin de la deuxième histoire.

Il est 17h15, la nuit va tomber et Laurence commence à paniquer (moi aussi d’ailleurs, mais je ne le montre pas, car je sais que nous n’arriverons pas avant 18h). Je commence par appliquer la méthode sur moi et j’invite Laurence à s’exécuter. J’emploie un ton doux et calme :
«  Ma chérie, je comprends ton inquiétude et je ressens tes émotions… » => je parle à sa tête et l’invite à sortir de sa zone de confort et la rassure sur le fait que je suis à ses côtés.
« En même temps que tu marches, respire profondément et calmement… » => je respire fort à ses côtés pour qu’elle se calibre sur mon rythme et prenant soin de faire descendre l’énergie le plus bas possible. Comment ? Au lieu de respirer avec cage thoracique, on respire au niveau de l’abdomen tout en continuant de maintenir notre rythme de marche rapide. La respiration est le reflet des émotions. Il est donc urgent et important de mieux respirer et de se concentrer sur son corps.
« Prête attention à ta foulée et regarde bien où tu mets les pieds » => c’est juste normal pou ne pas tomber dans la pénombre ! Et en plus elle se focalise davantage sur le ressenti. Elle oublie petit à petit ses pensées négatives et son mal-être intérieur. Bénéfice pour moi : elle oublie sa colère contre moi et m’épargne ainsi de noms d’oiseaux ou autres balivernes.
Avec un ton calme et feutré « tu es légère comme une plume » => je pratique l’imagerie pour qu’elle visualise cette plume et qu’elle lui apporte les effets sur ses sensations du moment.
« Bravo ma chérie, je ne t’ai jamais vu marcher aussi vite » => je trouve quelques notes d’humour, bien que ce ne soit pas mon fort, dès que je sens que la pression remonte. Et comme elle est vite rattrapée par ses démons et ses voix internes, je suis condamné à recommencer le processus en passant par la respiration, le ressenti et la réalité qui nous entoure. Certes il fait nuit, mais la peur est plus alimentée par la crainte de l’heure d’arrivée que par ce qui se passe à l’instant T. La preuve tout va bien !
Fin de la deuxième histoire ? Nous sommes arrivés à 18h : elle fatiguée (par la gestion de son stress) et moi fier de voir la réussite de ma femme à surpasser ses angoisses.

Laurence aura-t-elle envie de sortir à nouveau de sa zone de confort ?

Dans le premier cas, elle a découvert un champ des possibles qu’elle n’aurait jamais imaginé et surtout un vrai plaisir dans un exercice qu’elle appréhendait tant. Résultat : elle est devenue une experte en formation et expression devant un auditoire.

Dans le deuxième cas, elle n’a pas apprécié pour autant marcher dans la forêt en pleine nuit. Elle ne le refera pas et m’a menacé de ne pas le refaire… mais elle n’a plus la même appréhension et a découvert de nouvelles facultés qu’elle saura mettre en œuvre dans de nouvelles expérimentations hors de sa zone de confort.

Dans tous les cas on sort grandi à sortir de sa zone de confort : sois on y trouve un bénéfice, soit on apprend sur soi. Merci à Nelson Mandela pour son héritage « je ne perds jamais… soit je gagne, soit j’apprends ».

Et toi, quand est-ce que tu sors de ta zone de confort ?

C l

*OnOff : l’appli qui permet d’utiliser plusieurs numéros de téléphone

https://www.onoff.app/accueil/

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