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Et toi, quand est ce que tu fais une pause ?

« Tu plaques tout avec ta femme, tu démarres une nouvelle vie en Rhône Alpes et t’as eu le temps de rien faire que te voilà cloué au lit avec des vertèbres et cervicales cassées ».

« Pas de bol ! » Mais vous plaisantez ou bien ! En l’espace de six semaines avant l’accident, non seulement on a rencontré des gens d’une gentillesse absolue avec Laurence, mais en plus j’ai pu avaler des dénivelés positifs et négatifs comme jamais sur le chemin de la spiritualité. Et oui j’ai trainé mes chaussures de trail sur les pas des Chartreux, mais aussi du Saint patron des écrivains : François de Sales. Alors maintenant que je suis immobilisé pour deux mois, j’en profite pour cultiver mon esprit et préparer avec encore plus de pertinence ce que sera notre future vie. Je me suis cassé le dos et le coup… alors je fais un break de plus… bon ok un vrai sacré break !

Francois de sales

Alors à toi, cher lecteur curieux, qui a déjà fait un tour sur Wikipédia pour (re)découvrir qui est ce Saint François ou qui a taggé son nom sur google, je m’adresse aujourd’hui à toi car tu es curieux et tu prends le temps de me lire…

Chose rare aujourd’hui : prendre le temps. C’était d’ailleurs le thème de ma dernière conférence avec les dirigeants du Medef Picardie : atteindre l’excellence avec aisance. Je vantais les mérites des pauses qui font gagner du temps, au contraire du « nez dans le guidon » qui vous fait gaspiller du temps et de l’énergie. C’est tellement évident ! Et en plus ça marche, faisant écho à l’esprit Salésien « Le bruit ne fait pas beaucoup de bien et le bien ne fais pas beaucoup de bruit ». Qu’il est bon de se couper un instant du vacarme qui nous entoure et de saisir ce devoir de déconnexion : se recentrer sur soi pour être en harmonie, en équilibre et en pleine possession de ses moyens. On redouble ainsi d’énergie et d’envie pour aller de l’avant dans la bonne direction sans se laisser détourner par les parasites de la vie. Combien de fois au boulot je me suis laissé détourner par des personnes, qui d’ailleurs sont toujours bien intentionnées puisque c’est leur travail ? Combien de fois je me suis écarté de ce qui faisait l’essence de mon métier passion et ma raison de travailler : donner du plaisir au client et favoriser le bonheur au sein des écosystèmes que je « dirigeais » ? Et je déployais une énergie colossale pour maintenir mon cap tout en essayant de rendre des comptes aux instances qui régissent l’environnement de cet écosystème : audits, qualité, administrations, finances… Je suis devenu moi-même expert en ressources humaines, en finances, en sécurité, en process afin de ne pas laisser envenimer mes entreprises par des organes qui ne se préoccupent ni de la satisfaction client et encore moins du plaisir au travail.

Mais à quel prix ?

J’aspirais à devenir le manager tant idéalisé et tant recherché par les cabinets de recrutement : super-patron, super-manager, super-chef et je me croyais presque atteindre cette quête d’idéal en devenant « surhumain »… sauf que j’étais « surmené ». Alors j’ai décidé de partager cette expertise avec les opérationnels, ceux qui sont au contact du client, et de simplifier les organisations : mutualiser le savoir, rendre autonome, partager des valeurs communes et vivre une histoire collective. Ce fut le début de l’entreprise libérée. Quelle énergie, quel enthousiasme et que de révélations. Et j’ai touché du doigt un idéal d’organisation, pour peu que chacun adhère à cette autonomie, ces responsabilités, ces valeurs. Force est de constater qu’une entreprise libérée se construit soit dès le départ en mode startup ou qu’un événement suffisamment déstructurant pour l’entreprise amène chacun à se repositionner en profondeur dans ce nouveau système. Dit autrement, tu acceptes ou tu sors. Et je ne parle même pas des organes qui gravitent autour de l’entreprise pour lesquels cet écosystème ne répond à aucun code.

« Alors Cyril, pourquoi tu ne créés pas ta propre entreprise libérée ? »

Et bien pour la simple et bonne raison que je ne veux pas gaspiller mon temps et mon énergie à convaincre les instances des bénéfices de cette organisation.
Parle au Medef de l’entreprise libérée : « c’est génial » mais pas chez nous et tout le monde te prend pour un illuminé.
Parle aux administrations de l’entreprise libérée : « c’est quoi votre bordel sans nom ? »
Parle à tes actionnaires de l’entreprise libérée : « c’est le retour de Lénine ? »

« Mais Cyril, vas au bout de tes idées et change ce monde ! »

Premièrement je ne suis pas Steve Jobs, encore moins Mélenchon, et deuxièmement j’ai envie de vivre un peu plus longtemps que ceux qui ont voulu changer le monde. A vouloir résister contre les modèles en place et ceux qui font de la résistance, on y perd un gros capital énergétique. Faire preuve d’audace pour vivre libre, oui… mais en partageant avec sincérité et en préservant l’amour de ce qu’on fait.

« Et bien mettons de la bienveillance au cœur de l’entreprise ! »

Arrête je suis mort de rire. No comment ! Et nous y voilà. La bienveillance sincère et permanente n’est pas une réalité dans le monde d’aujourd’hui. L’Homme est profondément bon, j’en suis convaincu. Mais les systèmes qui gouvernent l’entreprise nous rendent soit fourbe, soit machiavéliques, soit stupide, soit « mitlaüfer ». Bien sûr jamais à 100%... il faut savoir faire preuve d’adaptabilité, de souplesse ! Certes, mais t’es déjà plus dans la bienveillance. Alors la bienveillance dont on parle partout, si tu l’inscris dans ton ADN, c’est pas juste un concept : soit tu l’es à 100%, soit tu ne l’es pas. Et dans l’entreprise c’est juste un concept.

So what ? Il ne reste plus qu’à entrer dans un monastère et entretenir cette bienveillance dans un cadre protégé et immunisé ?

Et bien c’est la question qui gouverne mes réflexions et qui m’amène à entrer avec conviction dans de nouveaux espaces parfois décriés : le MLM, le marketing de réseau, business angel, économie du partage, tout en restant très connecté avec le monde de l’entreprise puisque je conserve mon statut d’entrepreneur traditionnel avec ma petite SASU et que je collabore avec des startupers, qui eux pour le coup, ont envie de changer le monde.

Et tiens au fait ! C’est l’heure de la pause.
Et plus je me pause, plus je vais l’essentiel : le bonheur.
Le bonheur et l’entreprise sont-ils compatibles ? A chacun de juger et de faire son état de lieux.
Une chose est sure : « Le monde est né de l'amour, il est soutenu par l'amour, il va vers l'amour et il entre dans l'amour », Saint François de Sales.
En quoi le travail et la vie ne feront qu’un ... et que cet ensemble ne sera qu’amour ?

Distribution des copies, vous avez quatre heures pour plancher...

Copie bis de img 1184
 

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